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Tornade de Windsor 17 juin 1946
La tornade de Windsor contient plusieurs récits passionnants au coeur même du récit principal. Il faut signaler en particulier que le quotidien du lendemain ne porte pas le titre Windsor Star Banner en haut de la première page, mais plutôt The Detroit News. Sous ce titre, un bref message Aux lecteurs du Windsor Star. « Paralysé par la terrible catastrophe qui s'est abattue sur Windsor hier soir, le Windsor Star est aujourd'hui en mesure de relater à ses lecteurs la catastrophe dont notre ville a été victime grâce à l'aimable collaboration du Detroit News. » Dès que l'ampleur des dégâts a été connue et que tout indiquait que la panne de courant empêcherait la publication du Star, le News a mis ses installations à la disposition du Star. « Cette livraison s'adresse tout particulièrement aux lecteurs réguliers du Star, et elle contient le récit et les images de la catastrophe établis par les effectifs combinés du News et du Star. » Le récit de cette tornade présente plusieurs autres éléments frappants. Par exemple, dans un cas, une femme a réussi à sauver ses trois enfants en les traînant en dehors de la maison et en les couchant à plat dans un fossé. C'est là un geste qu'Environnement Canada continue de préconiser lorsqu'il est impossible de trouver un autre abri. Dans un autre cas, un homme a essayé de battre la tornade à la course, mais celle-ci l'a rattrapé, avant de changer de cap, ratant l'homme d'un cheveu. Même aujourd'hui, nous conseillons aux gens de ne pas essayer de battre une tornade à la course, mais plutôt de s'écarter de son chemin à angle droit dans toute la mesure du possible. Dans tous les récits que j'ai pu lire, je n'ai jamais entendu de témoins oculaires affirmer avoir entendu comme le bruit d'un train ou d'une locomotive. Dans la majorité des cas, les récits concordent tous sur un point, à savoir que la tornade s'est abattue avec une rapidité et une violence inouïes. Jamais personne n'aurait pu imaginer que quelqu'un serait prêt à prendre une photo, mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il y avait un photographe amateur qui a réussi à prendre des clichés de l'entonnoir. Comme dans presque tous les cas, la tornade s'est abattue en fin d'après-midi, en fait précisément à 18 h, et elle n'a duré que quelques minutes. Il est impossible de savoir au juste quelle force sur l'échelle de Fujita cette tornade pouvait avoir, même si certaines photos fournissent un indice assez flagrant. Sur l'une des photos, on peut voir sorties de terre les fondations complètes de l'endroit où se dressait un édifice quelques minutes auparavant. L'échelle de Fujita a été élaborée par M. Fujita pour mesurer l'intensité de la violence d'une tornade. Voici comment s'établit cette échelle :
Environnement Canada tient à remercier le Windsor Star de l'avoir autorisé à reproduire certains articles de sa livraison du 18 juin. C'est au Windsor Star qu'on doit également la majorité des photos, sans compter l'empressement avec lequel ce grand quotidien a répondu à nos demandes d'informations. Bougies et lampes réquisitionnées tandis que la ville est plongée dans l'obscurité Gracieuseté du Windsor StarLa coopération a été le mot d'ordre de la tornade de lundi soir dont la violence destructrice s'est abattue sur un vaste secteur. Aussitôt qu'on a su que Windsor et ses environs seraient sans électricité pendant au moins 12 heures et sans doute plus, on s'est mis à réquisitionner toutes les lampes électriques et lampes à huile pour les trois hôpitaux de la ville. La salle de rédaction du Windsor Daily Star a tenu lieu de « quartier général » où trois personnes ont appelé les propriétaires de toutes les quincailleries de la région. Dans chaque cas, on n'a pas perdu une seule minute pour acheminer les lampes vers l'endroit qui en avait le plus besoin. Dans certains cas, quand les propriétaires étaient incapables d'amener leurs lampes vers les hôpitaux, des camions du Star et des véhicules privés ont servi au ramassage et à la livraison des lampes empruntées. En l'espace de 15 minutes au Grace Hospital, deux caisses de lampes électriques, au moins six grosses lanternes et un grand nombre de lampes électriques provenant du Federal Bureau of Investigation de Detroit sont arrivées et ont aussitôt été dépêchées vers la salle des urgences. Ailleurs dans toute la ville, les gens lisaient leurs journaux et se déplaçaient à l'intérieur de chez eux avec des bougies. Destruction massive dans le sillage de la tornade Le 18 juin 1946 Gracieuseté du Windsor Star Orlo Farnham doit la vie au fait d'avoir regardé par la fenêtre de sa nouvelle salle d'exposition et entrepôt au moment même où la tornade amorçait son parcours dévastateur. Il a hurlé à sa femme Jean qui se trouvait également dans l'édifice de sortir, et tous deux sont sortis quelques secondes avant que la furie du vent n'aplatisse leur édifice en béton comme un château de cartes. La maison des Farnham, à une douzaine de pieds à l'ouest de la salle d'exposition, n'a pas subi le moindre dégât. Il a vu une maison soulevée dans les airs « J'ai vu la trombe de vent soulever une maison de l'autre côté des voies et la projeter dans les airs. » Et M. Farnham poursuit ainsi son récit : « Lorsque j'ai vu que la tornade se dirigeait vers nous, j'ai hurlé à ma femme de sortir, et au moment même où nous sommes sortis, l'édifice s'est écroulé comme un château de cartes. Si nous n'étions pas sortis à temps, nous serions morts. » Témoignage d'un chauffeur d'autobus Leo Dagenias, chauffeur d'autobus de la société S. W. & A. sur la ligne d'Amherstburg, conduisait en direction de Windsor lorsqu'il a aperçu la trombe de vent menaçante se recourber en provenance de la rivière Detroit vers La Salle. « J'a aperçu la trombe et j'ai poursuivi ma route vers Windsor. Mais lorsque j'ai pensé que je m'approchais d'un peu trop près, j'ai arrêté mon autobus juste devant la maison des Farnham. La tornade est alors passée à quelques pieds en avant de l'autobus, réduisant en mille miettes la maison des Farnham. » Mathew Flockhart, du 502, Pierre Avenue, et Edmund Davlin, du 891, Gladstone Avenue, conduisaient en direction d'Amherstburg sur Malden Road lorsqu'ils ont remarqué la tornade qui approchait. « Je l'ai vue qui gagnait du terrain sur moi, j'ai alors appuyé sur le champignon pour essayer de lui échapper, mais il n'y avait rien à faire. Elle m'a rattrapé et a commencé à faire rebondir la voiture en travers de la chaussée. C'est alors qu'elle a changé de cap et qu'elle a quitté Malden Road. J'ai arrêté la voiture et ai regardé la tornade qui détruisait des maisons, arrachait des clôtures et des arbres. » Le premier témoin relate un récit très graphique Par Thomas Brophey « J'en avais déjà vues dans l'ouest, mais jamais comme celle-ci », affirme W.H. Coyle, du 417, Oak Avenue, qui a donné une description graphique du passage de la tornade dans le secteur de Brighton Beach et des scènes d'horreur qu'elle a laissées dans son sillage. Il est probablement le premier à être arrivé sur les lieux à Seven Mile Road. Comme une lampe électrique « À l'extérieur du cône, tout semblait obscur de sorte que le cône au milieu ressemblait à une lampe électrique. Tandis qu'il happait une maison, on s'attendait à voir éclater un incendie, mais le vent terrifiant semblait étouffer ce dernier. » M. Coyle affirme avoir découvert le corps tuméfié d'une petite fille. « Le corps était nu. » Puis il a aperçu M. et Mme Jones, de Seven Mile Road. « Les corps ressemblaient à des momies, les traits étaient étirés et non pas boursouflés, et la peau avait pris une teinte violacée. » M. Coyle raconte avoir rencontré une femme qui lui a dit comment elle avait sauvé la vie de ses trois enfants, en les sortant de la maison et en les couchant dans un fossé, avant de les recouvrir de son corps. Sa maison a été entièrement détruite, mais, grâce à son courage, elle a réussi à sauver la vie de ses enfants. « Je me tenais à l'angle de Chippewa et Sandwich, raconte M. Coyle, lorsque je l'ai aperçue qui remontait de la rivière, de l'autre côté de l'hôtel Westwood. » « Nous nous sommes mis à descendre Sandwich Street et, lorsque nous sommes arrivés à l'usine de C.I.L., nous avons aperçu les camions de pompiers, qui s'étaient arrêtés là, je pense, à cause des réservoirs de C.I.L. » « Puis une ambulance est arrivée et nous a dépassés à toute vitesse en direction de l'ouest. Lorsque nous sommes arrivés sur Seven Mile Road, nous avons vu à gauche l'entonnoir qui la poursuivait. » La famille Jones « Nous avons aperçu en premier la famille Jones. Le père et la mère étaient à environ 20 pieds l'un de l'autre. La mère était morte, et ma femme a déclaré que le père semblait encore en vie. Il soulevait le bras et essayait de bouger, mais il était tout noir. » C'est la famille Jones qui a perdu son toit « Quelle scène pathétique lorsqu'un jeune garçon de 16 ans, un Jones, est descendu de l'autobus et a demandé où étaient son père et sa mère. Quelqu'un lui a montré du doigt les corps à terre, mais il semblait complètement ahuri et il a affirmé qu'il ne s'agissait pas de ses parents. Et des gens l'ont emmené avec eux. » Un autre témoin de la tragédie de la famille Jones est Mme Orlo Farnham, de l'Agence Massey Harris située Seven Mile Road. « Ni mon mari ni moi n'avons été touchés lorsque la tornade a arraché notre toit. Nous sommes sortis en courant et avons immédiatement aperçu les corps noircis de la famille Jones. M. Jones était couché les vêtements tout déchirés et sa chaussure droite arrachée. » « Je me suis précipitée vers le téléphone et ai appelé l'ambulance et la police. Nous avons découvert le corps d'un petit bébé dans le fossé sur le bord de la route », ajoute-t-elle. Mme Farnham semblait en état de choc lorsqu'elle nous a parlé. Bien que le toit de l'agence Farnham ait été arraché et que le mur en blocs de ciment se soit partiellement affaissé, les boîtes d'alcool et les récipients d'huile étaient toujours intacts sur l'étagère supérieure qui se trouvait directement sous le toit. La famille Farnham exploite également une écurie qui est située juste derrière le magasin. Le toit de l'écurie a été arraché par la tornade, mais les chevaux n'ont pas subi la moindre blessure. La maison des Farnham est à environ 20 pieds de celle de Nelson Jones, qui était toute éparpillée aux alentours et qui a causé la mort de trois membres de la famille Jones. |
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