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Valerie O'Grady, directrice des services environnementaux et coordonnatrice des affaires environnementales,
Hospital for Sick Children

Hospital for Sick Children (HSC), un centre hospitalier de pédiatrie de renommée internationale
situé dans le centre-ville de Toronto, a réduit ses coûts annuels de gestion des
déchets de moitié. Il y a seulement sept ans, au début des années 1990, les
dépenses moyennes de l'hôpital pour la gestion des déchets s'élevaient à
près de 1,2 million de dollars et ce, en l'absence d'un programme de recyclage.
Valerie O'Grady, maintenant directrice des services environnementaux de l'HSC, a fait son entrée
dans l'équipe de l'hôpital en 1988 en tant que chef du service d'entretien ménager.
Elle s'est rapidement rendu compte de l'énorme quantité de déchets et des coûts
exorbitants de leur gestion dans un hôpital de 185 800 mètres carrés accueillant environ
10 000 personnes par jour.
L'hôpital avait l'habitude d'incinérer les déchets biomédicaux, le carton
ondulé et les déchets solides. En 1991, le programme de recyclage du papier fin a
commencé à dérouter le papier de l'incinérateur et des lieux d'enfouissement.
Mais il fallait faire plus. En 1992, l'HSC a fait appel à la firme Fisher Leff and Associates pour
qu'elle procède à une vérification des déchets. Dans le cadre de cette
vérification, on a identifié 8890 types de produits différents dans le flux de
déchets de l'HSC. Vingt d'entre eux représentaient 80 % des déchets de tout
l'hôpital. On a également découvert que 80 % du flux de déchets
biomédicaux se composaient de produits non biomédicaux : papier, canettes recyclables,
bouteilles et emballages. « Après cette vérification, nous avons mis sur pied un plan
de réduction des déchets », affirme Valerie. « Nous avons commencé par les
20 premiers produits sur la liste et avons élaboré des programmes de recyclage. »
Après avoir mis en application la nouvelle définition des déchets biomédicaux
du ministère de l'Environnement et de l'Énergie dans ses laboratoires de recherche,
l'hôpital a cessé d'utiliser son incinérateur vers la fin de 1992. Grâce
à cette mesure, l'HSC a réduit de 35 % ses déchets biomédicaux dans les
laboratoires.
Depuis 1992, l'hôpital a diminué la quantité des déchets dans nombre de ses
secteurs. Même de simples changements, tel le remplacement des sacs à ordures jaunes par
des sacs transparents pour bien mettre en évidence les contaminants et les produits recyclables
dans les secteurs de soins aux patients, ont fait une différence. Les déchets
biomédicaux des secteurs de soins aux patients ont diminué de 35 %, et ceux de tout
l'hôpital, de 30 %. En 1993, l'hôpital a lancé un programme de recyclage du carton, du
papier, du polystyrène, des canettes, du verre et du plastique, ce qui a réduit de 25 % la
quantité de déchets.
Valerie a réalisé que les efforts de réduction du volume de déchets seraient
plus efficaces s'ils étaient coordonnés par une personne. « C'était ma
responsabilité. J'ai réalisé que c'était un travail à temps plein
», explique Valerie. Elle a donc proposé un nouveau poste à temps plein, puis est
devenue la première directrice environnementale de l'hôpital. Les questions environnementales
étaient devenues de plus en plus importantes pour le personnel hospitalier. Le Comité
consultatif de la gestion de l'environnement de l'HSC, représentant tous les secteurs de
l'hôpital, a aidé à sensibiliser davantage les gens grâce à des
événements comme la Semaine de la réduction des déchets, le Jour de la Terre
et le Clean Air Commute.
En 1997, un plan, basé sur d'importants gains réalisés en 1995 (quand on recyclait
34 % des déchets solides de l'HSC) et sur l'engagement en 1996 de réduire et, par la suite,
d'éliminer l'utilisation des produits contenant du mercure, a été
élaboré pour diminuer davantage l'enfouissement des déchets. L'HSC était
l'un des trois premiers hôpitaux de Toronto à s'engager dans le projet « Défi
élimination et réduction du mercure », établi avec la collaboration de la
Pollution Probe Foundation et financé par Environnement Canada et le ministère de
l'Environnement et de l'Énergie de l'Ontario.
L'hôpital a également modifié sa façon de gérer les déchets de
bureau. Les poubelles des secteurs administratifs ont été remplacées par de petits
contenants en plastique installés sur les bureaux. Les employés de bureau étaient
donc forcés à penser à ce qu'ils jetaient. « Nous avons simplement
déposé les contenants avec une note disant 'Félicitations. Ceci est votre nouvelle
poubelle. Non ce n'est pas une blague' », explique Valerie. Cette initiative a permis à elle
seule de réduire de 4546 kilogrammes le volume mensuel de déchets acheminés vers
des lieux d'enfouissement!
L'HSC est en voie de dépasser son objectif, c'est-à-dire de recycler 50 % de ses
déchets d'ici l'an 2000. Il a d'ailleurs déjà réalisé des
épargnes de 58 % pour ce qui est des coûts annuels de gestion des déchets. Valerie,
quant à elle, supervise toujours les efforts « écologiques » de l'hôpital
en dirigeant de petites vérifications de départements et en recherchant des «
héros réducteurs de déchets ». Le prochain défi, selon Valerie, est de
convaincre les fournisseurs, surtout ceux de produits plastiques (par exemple, les sacs pour perfusion
intraveineuse), à se préoccuper davantage de la gestion des déchets.
Quel est le secret du succès d'un programme de recyclage? « Vous avez à convaincre
les gens de participer au projet », dit Valerie. « Même un petit nombre de personnes
peut influencer les autres. Bientôt tout le monde en verra les avantages. »
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